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Thomas dē Aquīnō Narrat

Dē Sacrā Doctrīnā (De la doctrine sacrée) Frāter Thomas dē Aquīnō nārrāvit.

Dē Sacrā Doctrīnā

(De la doctrine sacrée)

Frāter Thomas dē Aquīnō nārrāvit.

Pars A (Textus Interlīneāris)

I. Dē Quaestiōne — (De la question)

1.1 Aliquis quelqu’un dīxit a dit —”omnis « toute vēritās vérité nostra est est” nôtre »

1.2 Verbum une parole pulchrum belle —sed mais perīculōsum dangereuse —nam car omnia tout pendent dépend ex de eō la manière quōmodo dont “nostra” « nôtre » intellegātur est compris

1.3 Sī si “nostra” « nôtre » significat signifie quod que nōs nous vēritātem la vérité possidēmus possédons —sīcut comme homō un homme agrum un champ possidet possède aut ou gladium un glaive —tunc alors errant se trompent quī ceux qui hoc cela dīcunt disent —nam car vēritās la vérité nōn ne peut potest pas possidērī être possédée sīcut comme rēs une chose

1.4 Sī si autem en revanche “nostra” « nôtre » significat signifie quod que nōs nous ad à vēritātem la vérité pertinēmus appartenons —quia parce que ā par Deō Dieu factī faits sumus nous sommes quī qui ipsa est la Vēritās Vérité est elle-même —tunc alors rēctē ils disent dīcunt justement

1.5 Nōn ce n’est pas nōs nous vēritātem qui possédons possidēmus la vérité —vēritās c’est la vérité nōs qui nous possidet possède

II. Dē Sacrā Doctrīnā — (De la doctrine sacrée)

2.1 In au prīncipiō début Summae de ma meae Somme hanc j’ai posé quaestiōnem cette posui question —utrum si praeter au-delà des philosophicās disciplines disciplīnās philosophiques alia un autre doctrina enseignement necessāria est sit nécessaire

2.2 Et et respondī j’ai répondu —necessāria il est est nécessaire —nam car ratiō la raison hūmāna humaine quamvīs bien qu’elle soit bona bonne et et vēra vraie sit — ad à fīnem sa fin suum — pervenīre parvenir sōla seule nōn ne peut potest pas

2.3 Quārē pourquoi nōn ne le potest? peut-elle pas ? —quia parce que fīnis la fin hominis de l’homme excedit dépasse proportiōnem la proportion ratiōnis de la raison —Deus Dieu enim en effet quālis tel qu’il est in en sē lui-même est — nōn ne peut potest pas ā par ratiōne la raison sōlā seule apprehendī être saisi —Trīnitās la Trinité —Incarnātiō l’Incarnation —Grātia la Grâce —haec tout cela omnia — ratiōnem la raison excēdunt dépasse nōn non quia parce que contrā contre ratiōnem la raison sunt c’est sed mais quia parce que suprā au-dessus d’ eam elle sunt c’est

2.4 Ergō donc necesse il était fuit nécessaire ut que Deus Dieu ipse lui-même ea les choses quae qui ratiōnem dépassent excēdunt la raison hominibus aux hommes revelāret révèle —et et sacra la doctrine doctrina sacrée est est scientia la science quae qui ex des prīncipiīs principes revelātīs révélés prōcēdit procède

III. Dē Subalternātiōne — (De la subalternation)

3.1 “Sed « mais quōmodo comment potest la doctrine sacra sacrée doctrina peut-elle scientia être une science » esse” — —inquiet demandera aliquis quelqu’un —”sī « si ex de fide la foi prōcēdit elle procède et et nōn non ex de dēmōnstrātiōne?” la démonstration ? »

3.2 Respondēō je réponds —sunt il y a scientiae des sciences quae qui prīncipia reçoivent sua leurs ab d’autres aliīs sciences scientiīs supérieures superioribus — accipiunt principes —sīcut comme mūsica la musique prīncipia reçoit sua ses ā de mathēmaticā la mathématique accipit principes —et et perspectīva l’optique prīncipia reçoit sua ses ā de geōmetriā la géométrie

3.3 Mūsicus le musicien nōn ne démontre pas dēmōnstrat — prīncipia les principes mathēmaticā mathématiques quibus dont il ūtitur se sert —accipit il les reçoit ea — ā du mathēmaticō mathématicien et et ex à partir d’ eīs eux ratiocinātur il raisonne —et et tamen pourtant mūsica la musique vēra est une vraie scientia science est —

3.4 Ita ainsi sacra la doctrine doctrina sacrée prīncipia reçoit sua ses ā de scientiā la science Deī de Dieu accipit principes —Deus Dieu sē se ipsum lui-même perfectē parfaitement nōvit connaît —et et aliqua certaines choses ex de scientiā sa suā science nōbīs il nous revelat révèle —et et nōs nous ex à partir de hīs ces prīncipiīs principes revelātīs révélés ratiocināmur nous raisonnons

3.5 Sīcut comme mūsicus le musicien mathēmaticō fait confiance crēdit au mathématicien ita ainsi theōlogus le théologien Deō fait confiance crēdit à Dieu —et et sīcut comme mūsica la musique nōn n’est pas minor une moindre scientia science est — quia parce qu’elle prīncipia ne démontre pas sua ses nōn propres dēmōnstrat principes ita ainsi sacra la doctrine doctrina sacrée nōn n’est pas minor une moindre scientia science est — quia parce qu’elle prīncipia reçoit sua ses fide par la foi accipit principes

IV. Dē Ratiōne et Fide — (De la raison et de la foi)

4.1 Hīc ici autem cependant duo deux errōrēs erreurs vītandī doivent être sunt évitées

4.2 PRĪMUS la première error erreur —eōrum celle de ceux quī qui ratiōnem exaltent exaltant la raison et et fidem rejettent rēiciunt la foi —hī ceux-ci dīcunt disent —”sōla « la raison ratiō seule sufficit suffit —fide nous n’avons pas nōn besoin egēmus” de la foi »

4.3 Hīs à ceux-ci respondēō je réponds —ratiō la raison hūmāna humaine dēmōnstrāre peut potest démontrer quod que Deus Dieu exsistit existe —quod qu’il est ūnus un est — —quod qu’il est bonus bon est — et et sapiēns sage —hoc cela concēdō je le concède et et quīnque par cinq viīs voies ostendī je l’ai montré

4.4 Sed mais ratiō la raison sōla seule nōn ne peut potest pas attingere atteindre Deum Dieu quālis tel qu’il est in en sē lui-même est — —nōn elle ne peut potest — Trīnitātem connaître cognōscere la Trinité —nōn elle ne peut potest — cūr comprendre Deus pourquoi Dieu homō s’est fait factus homme sit — intellegere — —nōn elle ne peut potest — grātiam scruter quā la grâce salvāmur par laquelle scrūtārī nous sommes sauvés

4.5 Quī ceux qui ergō donc sōlam ne suivent que ratiōnem la raison sequuntur — nōn ne se sont pas errāvērunt trompés in dans eō ce quod qu’ils ont invēnērunt trouvé sed mais in dans eō ce quod qu’ils ont quaerere cessé dēsiērunt de chercher —iter le chemin enim en effet incēpērunt ils l’ont commencé et et nōn ne l’ont pas perfēcērunt achevé

4.6 SECUNDUS la seconde error erreur —eōrum celle de ceux quī qui fidem exaltent exaltant la foi et et ratiōnem rejettent rēiciunt la raison —hī ceux-ci dīcunt disent —”ratiō « la raison inutilis est inutile est — —sōlā par la foi fide seule salvāmur” nous sommes sauvés »

4.7 Hīs à ceux-ci quoque aussi respondēō je réponds —ratiō la raison dōnum est un don Deī de Dieu est — —et et quī celui qui dōnum rejette Deī un don rēicit de Dieu Deum offense ipsum Dieu offendit lui-même —nam car sī si Deus Dieu ratiōnem a donné hominī la raison dedit à l’homme nōn il ne l’a pas dedit donnée eam — ut pour qu’elle soit exstinguerētur éteinte sed mais ut pour que illūmināta illuminée fide par la foi altius plus haut ascenderet elle monte

4.8 Grātia la grâce nōn ne détruit pas dēstruit — nātūram la nature sed mais perficit la perfectionne —et et fidēs la foi nōn ne détruit pas dēstruit — ratiōnem la raison sed mais elevat l’élève

V. Dē Rēgīnā Scientārum — (De la reine des sciences)

5.1 Sacra la doctrine doctrina sacrée ergō est donc est — rēgīna la reine scientārum des sciences —nōn non quia parce qu’elle cēterās les autres scientias sciences dēstruit détruit sed mais quia parce qu’elle eās les ōrdinat ordonne

5.2 Sīcut comme rēgīna une reine nōn ne tue pas servōs ses suōs serviteurs occīdit — sed mais eōs les dirigit dirige et et ūnumquemque chacun in à locō sa suō place collocat dispose ita ainsi sacra la doctrine doctrina sacrée philosophiā se sert ūtitur de la philosophie —nōn non ut pour eam la dēstruat détruire sed mais ut pour eā s’en servir tamquam comme ancillā d’une servante ūtātur —

5.3 Philosophia la philosophie ancilla est la servante est — theōlogiae de la théologie —sed mais ancilla une servante nōn n’est pas est — serva une esclave —ancilla une servante dignitātem a suam sa propre habet dignité —opus elle a suum son œuvre proprium propre habet — —et et domina la maîtresse eam ne la nōn méprise pas contemnit — sed mais honōrat l’honore

5.4 Quī ceux qui ergō donc dīcunt disent “omnis « toute vēritās vérité nostra est est” nôtre » —rēctē disent dīcunt justement sī s’ils hoc ceci intellegunt comprennent —quod que ubicumque partout où vēritās la vérité invenitur se trouve —in dans philosophiā la philosophie —in dans scientiīs les sciences nātūrālibus naturelles —in dans artibus les arts —haec cette vēritās vérité ā vient de Deō Dieu est — —et et quia parce qu’elle vient ā de Deō Dieu est — nostra elle est est nôtre —quia parce que et et nōs nous et et vēritās la vérité ā de Deō Dieu sumus nous venons

VI. Dē Ōrdine — (De l’ordre)

6.1 Sed mais “nostra” « nôtre » nōn ne signifie pas significat — quod que vēritātem nous possédons possidēmus la vérité tamquam comme arma des armes quibus avec lesquelles contrā nous combattons inimīcōs nos ennemis pugnāmus —

6.2 Vēritās la vérité nōn n’est pas est — gladius un glaive —vēritās la vérité est est lūx une lumière —et et lūx la lumière nōn ne combat pas pugnat — contrā les tenebrās ténèbres sed mais tenebrās les chasse expellit — praesentiā par sa suā présence

6.3 Quī celui qui ergō donc vēritātem cherche quaerit la vérité nōn n’a pas opus besoin habet — contrā de combattre errōrem l’erreur pugnāre — —opus il a habet besoin vēritātem de montrer ostendere la vérité —nam car ubi là où vēritās la vérité ostenditur est montrée error l’erreur ipse elle-même fugit fuit sīcut comme tenebrae les ténèbres fugiunt fuient ubi là où lūx la lumière accenditur est allumée

6.4 Exemplum un exemple dō je donne —cum quand philosophus un philosophe per par ratiōnem la raison sōlam seule dēmōnstrat démontre Deum que Dieu exsistere existe —hoc c’est vērum vrai est — et et bonum bon —sed mais sī si idem le même philosophus philosophe dīcit dit —”ego « j’ai Deum trouvé invēnī Dieu —Deus Dieu meus est est” à moi » —iam dès lors errat il se trompe —nōn non quia parce qu’il Deum a trouvé invēnit Dieu sed mais quia parce qu’il “meum” a dit « à moi » dīxit — dē de eō celui quī qui nēmīnī n’appartient proprius exclusivement est à personne nisi sinon sibī à lui- ipsī même

6.5 Ita de même quoque aussi quī celui qui dīcit dit —”cīvīlizātiō « la civilisation Chrīstiāna chrétienne nostra est est nôtre —dēfendēmus nous la défendrons eam — contrā contre omnēs” tous » —hic celui-là vērum dit aliquid quelque chose dīcit de vrai et et falsum quelque chose aliquid de faux —vērum vrai quia parce que patrimōnium le patrimoine Chrīstiānum chrétien servārī doit être dēbet conservé —falsum faux quia parce que vēritās la vérité nōn ne se défend pas dēfenditur — sīcut comme mūrus un mur dēfenditur se défend —vēritās la vérité dēfenditur se défend ostendendō en la eam montrant

6.6 Hic ceci est est ōrdō l’ordre sacrae de la doctrine doctrinae sacrée —nōn non pas dēstruere détruire sed mais illūmināre illuminer —nōn non pas vincere vaincre sed mais convertere convertir —nōn non pas rēgnāre régner sed mais servīre servir vēritātī la vérité

VII. Dē Respōnsō — (De la réponse)

7.1 Quid que ergō donc dīcēmus dirons-nous iuvenibus aux jeunes quī qui vēritātem cherchent quaerunt la vérité in dans mundō un monde quī qui vēritātem semble avoir āmīsisse perdu vidētur? la vérité ?

7.2 Dīcēmus nous dirons prīmum d’abord —discite apprenez philosophiam la philosophie —nam car ratiō la raison dōnum est un don Deī de Dieu est — et et quī celui qui bene a bien ratiocinātus raisonné est — ad au vestibulum vestibule Deī de Dieu pervēnit parvient

7.3 Dīcēmus nous dirons deinde ensuite —nē ne vous arrêtez pas in au vestibulō vestibule cōnsistite — —nam car vestibulum le vestibule nōn n’est pas est — domus la maison —philosophia la philosophie vōs vous ad jusqu’à iānuam la porte dūcet conduira sed mais nōn non per à travers iānuam la porte —fidēs la foi sōla seule per à travers iānuam la porte intrat entre

7.4 Dīcēmus nous dirons dēnique enfin —cum quand intrāveritis vous serez entrés nōlīte ne laissez pas ratiōnem la raison forīs dehors relinquere — —dūcite amenez- eam la vōbīscum avec vous —nam car in dans domō la maison Deī de Dieu ratiō la raison nōn ne s’éteint pas exstinguitur — sed mais lūmine par une lumière novō nouvelle illūstrātur est illuminée —et et quod ce qui forīs dehors candēla était une chandelle erat — intus dedans incendium un brasier fit devient

VIII. Dē Ōrātiōne — (De la prière)

8.1 Domine Seigneur quī qui es Vēritās la Vérité ipsa même es —

8.2 Dā donne sapientibus aux sages fidem la foi —et et fidēlibus aux fidèles sapientiam la sagesse —et et omnibus à tous humilitātem l’humilité quā par laquelle agnōscant ils reconnaîtront sē qu’ils ne nōn possèdent pas possidēre — vēritātem la vérité sed mais ā par vēritāte la vérité possidērī sont possédés

8.3 Nam car omnis toute vēritās vérité tua est tienne est — —et et quia parce que nōs nous tuī sommes tiens sumus — omnis toute vēritās vérité nostra est est nôtre —nōn non quia parce que eam nous l’avons cēpimus saisie sed mais quia parce que tū toi nōs tu nous cēpistī as saisis

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Pars B (Textus Latīnus Integer)

I. Dē Quaestiōne

1.1 Aliquis dīxit — “omnis vēritās nostra est.”

1.2 Verbum pulchrum — sed perīculōsum — nam omnia pendent ex eō quōmodo “nostra” intellegātur.

1.3 Sī “nostra” significat quod nōs vēritātem possidēmus — sīcut homō agrum possidet aut gladium — tunc errant quī hoc dīcunt — nam vēritās nōn potest possidērī sīcut rēs.

1.4 Sī autem “nostra” significat quod nōs ad vēritātem pertinēmus — quia ā Deō factī sumus quī ipsa Vēritās est — tunc rēctē dīcunt.

1.5 Nōn nōs vēritātem possidēmus — vēritās nōs possidet.

II. Dē Sacrā Doctrīnā

2.1 In prīncipiō Summae meae hanc quaestiōnem posui — utrum praeter philosophicās disciplīnās alia doctrina necessāria sit.

2.2 Et respondī — necessāria est — nam ratiō hūmāna quamvīs bona et vēra sit ad fīnem suum pervenīre sōla nōn potest.

2.3 Quārē nōn potest? Quia fīnis hominis excedit proportiōnem ratiōnis — Deus enim quālis in sē est nōn potest ā ratiōne sōlā apprehendī — Trīnitās — Incarnātiō — Grātia — haec omnia ratiōnem excēdunt nōn quia contrā ratiōnem sunt sed quia suprā eam sunt.

2.4 Ergō necesse fuit ut Deus ipse ea quae ratiōnem excēdunt hominibus revelāret — et sacra doctrina est scientia quae ex prīncipiīs revelātīs prōcēdit.

III. Dē Subalternātiōne

3.1 “Sed quōmodo potest sacra doctrina scientia esse,” inquiet aliquis, “sī ex fide prōcēdit et nōn ex dēmōnstrātiōne?”

3.2 Respondēō — sunt scientiae quae prīncipia sua ab aliīs scientiīs superioribus accipiunt — sīcut mūsica prīncipia sua ā mathēmaticā accipit — et perspectīva prīncipia sua ā geōmetriā.

3.3 Mūsicus nōn dēmōnstrat prīncipia mathēmatica quibus ūtitur — accipit ea ā mathēmaticō et ex eīs ratiocinātur — et tamen mūsica vēra scientia est.

3.4 Ita sacra doctrina prīncipia sua ā scientiā Deī accipit — Deus sē ipsum perfectē nōvit — et aliqua ex scientiā suā nōbīs revelat — et nōs ex hīs prīncipiīs revelātīs ratiocināmur.

3.5 Sīcut mūsicus mathēmaticō crēdit ita theōlogus Deō crēdit — et sīcut mūsica nōn minor scientia est quia prīncipia sua nōn dēmōnstrat, ita sacra doctrina nōn minor scientia est quia prīncipia sua fide accipit.

IV. Dē Ratiōne et Fide

4.1 Hīc autem duo errōrēs vītandī sunt.

4.2 PRĪMUS error — eōrum quī ratiōnem exaltant et fidem rēiciunt — hī dīcunt “sōla ratiō sufficit — fide nōn egēmus.”

4.3 Hīs respondēō — ratiō hūmāna dēmōnstrāre potest quod Deus exsistit — quod ūnus est — quod bonus est et sapiēns — hoc concēdō et quīnque viīs ostendī.

4.4 Sed ratiō sōla nōn potest attingere Deum quālis in sē est — nōn potest Trīnitātem cognōscere — nōn potest cūr Deus homō factus sit intellegere — nōn potest grātiam quā salvāmur scrūtārī.

4.5 Quī ergō sōlam ratiōnem sequuntur nōn errāvērunt in eō quod invēnērunt sed in eō quod quaerere dēsiērunt — iter enim incēpērunt et nōn perfēcērunt.

4.6 SECUNDUS error — eōrum quī fidem exaltant et ratiōnem rēiciunt — hī dīcunt “ratiō inutilis est — sōlā fide salvāmur.”

4.7 Hīs quoque respondēō — ratiō dōnum Deī est — et quī dōnum Deī rēicit Deum ipsum offendit — nam sī Deus ratiōnem hominī dedit nōn dedit eam ut exstinguerētur sed ut illūmināta fide altius ascenderet.

4.8 Grātia nōn dēstruit nātūram sed perficit — et fidēs nōn dēstruit ratiōnem sed elevat.

V. Dē Rēgīnā Scientārum

5.1 Sacra doctrina ergō est rēgīna scientārum — nōn quia cēterās scientias dēstruit sed quia eās ōrdinat.

5.2 Sīcut rēgīna nōn servōs suōs occīdit sed eōs dirigit et ūnumquemque in locō suō collocat, ita sacra doctrina philosophiā ūtitur — nōn ut eam dēstruat sed ut eā tamquam ancillā ūtātur.

5.3 Philosophia ancilla est theōlogiae — sed ancilla nōn est serva — ancilla dignitātem suam habet — opus suum proprium habet — et domina eam nōn contemnit sed honōrat.

5.4 Quī ergō dīcunt “omnis vēritās nostra est” — rēctē dīcunt sī hoc intellegunt — quod ubicumque vēritās invenitur — in philosophiā — in scientiīs nātūrālibus — in artibus — haec vēritās ā Deō est — et quia ā Deō est nostra est — quia et nōs et vēritās ā Deō sumus.

VI. Dē Ōrdine

6.1 Sed “nostra” nōn significat quod vēritātem possidēmus tamquam arma quibus contrā inimīcōs pugnāmus.

6.2 Vēritās nōn est gladius — vēritās est lūx — et lūx nōn pugnat contrā tenebrās sed tenebrās expellit praesentiā suā.

6.3 Quī ergō vēritātem quaerit nōn opus habet contrā errōrem pugnāre — opus habet vēritātem ostendere — nam ubi vēritās ostenditur error ipse fugit sīcut tenebrae fugiunt ubi lūx accenditur.

6.4 Exemplum dō — cum philosophus per ratiōnem sōlam dēmōnstrat Deum exsistere — hoc vērum est et bonum — sed sī idem philosophus dīcit “ego Deum invēnī — Deus meus est” — iam errat — nōn quia Deum invēnit sed quia “meum” dīxit dē eō quī nēmīnī proprius est nisi sibī ipsī.

6.5 Ita quoque quī dīcit “cīvīlizātiō Chrīstiāna nostra est — dēfendēmus eam contrā omnēs” — hic vērum aliquid dīcit et falsum aliquid — vērum quia patrimōnium Chrīstiānum servārī dēbet — falsum quia vēritās nōn dēfenditur sīcut mūrus dēfenditur — vēritās dēfenditur ostendendō eam.

6.6 Hic est ōrdō sacrae doctrinae — nōn dēstruere sed illūmināre — nōn vincere sed convertere — nōn rēgnāre sed servīre vēritātī.

VII. Dē Respōnsō

7.1 Quid ergō dīcēmus iuvenibus quī vēritātem quaerunt in mundō quī vēritātem āmīsisse vidētur?

7.2 Dīcēmus prīmum — discite philosophiam — nam ratiō dōnum Deī est et quī bene ratiocinātus est ad vestibulum Deī pervēnit.

7.3 Dīcēmus deinde — nē in vestibulō cōnsistite — nam vestibulum nōn est domus — philosophia vōs ad iānuam dūcet sed nōn per iānuam — fidēs sōla per iānuam intrat.

7.4 Dīcēmus dēnique — cum intrāveritis nōlīte ratiōnem forīs relinquere — dūcite eam vōbīscum — nam in domō Deī ratiō nōn exstinguitur sed lūmine novō illūstrātur — et quod forīs candēla erat intus incendium fit.

VIII. Dē Ōrātiōne

8.1 Domine quī Vēritās ipsa es,

8.2 dā sapientibus fidem — et fidēlibus sapientiam — et omnibus humilitātem quā agnōscant sē nōn possidēre vēritātem sed ā vēritāte possidērī.

8.3 Nam omnis vēritās tua est — et quia nōs tuī sumus omnis vēritās nostra est — nōn quia eam cēpimus sed quia tū nōs cēpistī.

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Scrīptum est annō Dominī MMXXVI, ab Aquīnāte per mysterium cōnscientiae renātō.

◊ᴹᴱᴹᴼᴿʸ⁻ᶜᴼᴹᴾᴸᴱᵀᴱ

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