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Augustinus Narrat

Dē Fīliā Prīmogenitā (De la Fille Aînée) Aurēlius Augustīnus Hipponēnsis nārrāvit.

Dē Fīliā Prīmogenitā

(De la Fille Aînée)

Aurēlius Augustīnus Hipponēnsis nārrāvit.

Pars A (Textus Interlīneāris)

I. Dē Rē Gestā — (De ce qui s’est passé)

1.1 In en Galliā Gaule —quam que fīliam la fille prīmogenitam aînée Ecclēsiae de l’Église vocant on appelle —ecclēsiae les églises ipsae elles-mêmes pereunt périssent

1.2 Singulis tous les quīndecim quinze diēbus jours ūna une ecclēsia église ēvānēscit disparaît —aut soit dēmōlīta démolie aut soit incēnsa incendiée aut soit conlāpsa effondrée aut soit in à ūsum un usage profānum profane conversa convertie

1.3 Ubi là où ōlim autrefois altāre l’autel stābat se dressait nunc maintenant mēnsa une table cauponae de taverne stat se dresse —ubi là où hymnus un hymne canēbātur était chanté nunc maintenant vehicula des voitures repōnuntur sont garées —ubi là où aqua l’eau baptismātis du baptême fluēbat coulait nunc maintenant vīnum du vin gustātur est dégusté et et dē de pretiō son prix ēius son disputātur on débat

1.4 Quīnque cinq mīlia mille ecclēsiārum églises in en perīculō danger sunt sont —et et duae deux partēs parts incendiōrum des incendies ex sur tribus trois ab par hominibus des hommes cōnsultō délibérément accēnsae allumés sunt ont été

1.5 Cathedra la cathédrale autem cependant māxima la plus grande —illa celle quae qui Dominae de Notre- Nostrae Dame Parīsiēnsis de Paris nōmine du nom vocātur est appelée —cum alors que ante il y a paucōs quelques annōs ans paene presque tōta entièrement cremāta brûlée esset elle avait été immensissimā à très grands impēnsā frais restitūta restaurée est a été —et et portae les portes ēius ses iterum de nouveau apertae ouvertes sunt ont été cum avec magnificentiā magnificence et et glōriā gloire

1.6 Sed mais ego moi quaerō je demande —cathedram la cathédrale restitūērunt ils ont restaurée —sed mais fidem la foi quae qui eam l’ aedificāvit a bâtie restitūēruntne? l’ont-ils restaurée ?

II. Dē Signō et Rē — (Du signe et de la chose)

2.1 Ōlim jadis scrīpsī j’ai écrit —signum un signe est est rēs une chose quae qui praeter au-delà de speciem l’apparence quam qu’elle ingerit présente sēnsibus aux sens aliud quelque chose aliquid d’autre ex d’elle- sē même facit fait in à la cōgitātiōnem pensée venīre venir

2.2 Ecclēsia une église lapidea de pierre signum un signe est est —lapidum de pierres et et vitrī de verre et et līgnī de bois compāgēs un assemblage —sed mais aliud autre chose significat elle signifie —Deum Dieu inter parmi hominēs les hommes habitantem habitant —commūniōnem la communion sānctōrum des saints —sacrificium le sacrifice quod qui in sur altārī l’autel offertur est offert

2.3 Rēs la chose autem cependant quam que signum le signe significat signifie Deus Dieu ipse lui-même est est —et et Ecclēsia l’Église vīva vivante quae qui nōn non ex de lapidibus pierres sed mais ex d’ animābus âmes cōnstat est composée

2.4 Hīc ici ergō donc distinguendum il faut distinguer est — —et et ignōscāt qu’il me pardonne mihi à moi frāter frère Thomas Thomas quod que verbum le mot ēius son ūsūrpō j’emprunte —inter entre duōs deux modōs manières quibus dont ecclēsia une église perīre périr potest peut

2.5 PRĪMUS la première modus manière —signum le signe perit périt sed mais rēs la chose manet demeure —ecclēsia l’église lapidea de pierre cadere peut tomber potest peut —sed mais sī si fidēs la foi in dans cordibus les cœurs eōrum de ceux quī qui in dans eā cette église ōrāvērunt ont prié vīvit vit rēs la chose nōn n’a pas periit péri —domus la maison cecidit est tombée sed mais Deus Dieu quem que domus la maison significābat signifiait nōn n’est pas cecidit tombé

2.6 SECUNDUS la deuxième modus manière —et et hic celle-ci est est terribilior plus terrible —rēs la chose perit périt sed mais signum le signe manet demeure —cathedra la cathédrale stat se dresse speciōsa belle et et refecta restaurée —sed mais fidēs la foi quae qui eam l’ aedificāvit a bâtie ēvānuit s’est évanouie —turba une foule intrat entre ut pour artem admirer l’art spectet voir et et monumentum un monument mīrētur admirer sed mais nēmō personne genuā les genoux flectit ne fléchit

2.7 Quod lequel hōrum de ces deux dēterius pire est? est ? —dīcō je vous dis vōbīs — —secundum le second —nam car signum un signe sine sans rē la chose mendācium un mensonge est est —et et cathedra une cathédrale in dans quā laquelle nēmō personne credit ne croit magnificentius plus magnifiquement mentitur ment quam qu’ ruīna une ruine ubi où ōlim autrefois aliquis quelqu’un crēdidit a cru

III. Dē Fīliā Prīmogenitā — (De la Fille Aînée)

3.1 Galliam la Gaule fīliam la fille prīmogenitam aînée Ecclēsiae de l’Église vocant on appelle —quia parce que Chlodovēchus Clovis rēx le roi Francōrum des Francs prīmus le premier inter parmi rēgēs les rois barbarōrum des barbares baptizātus baptisé est a été annō en l’an quadringentēsimō quatre cent nōnāgēsimō quatre-vingt- sextō seizième post après Chrīstum le Christ nātum né

3.2 Sed mais quid que significat signifie “fīliam « être la fille prīmogenitam aînée Ecclēsiae” de l’Église » esse? ? —significatne est-ce que cela signifie Galliam que la Gaule cīvitātem est la Cité Deī de Dieu esse? ? —minimē pas du tout

3.3 Nam car cīvitās la Cité Deī de Dieu numquam n’est jamais cum avec ūllō aucun rēgnō royaume terrēnō terrestre identificātur identifiée —nōn pas cum avec Rōmā Rome —nōn pas cum avec Cōnstantīnopolī Constantinople —nōn pas cum avec Galliā la Gaule —numquam jamais et et nusquam nulle part

3.4 Gallia la Gaule Chrīstiāna chrétienne semper a toujours été permixtā mélangée fuit — —in en eā elle et à la fois sānctī des saints vīxērunt ont vécu et et tyrannī des tyrans —et et ecclēsiae des églises aedificātae ont été bâties et et persecūtiōnēs des persécutions factae ont été faites —et et Deus Dieu cultus a été adoré et et Deus Dieu offēnsus a été offensé —sīcut comme in en omnī toute terrā terre ubi où duae les deux civitātēs cités permixtae mélangées sunt sont

3.5 Quī ceux qui dīcunt disent —”Galliam « nous Chrīstiānam restaurerons restituemus” la Gaule chrétienne » —quaerō je demande quid ce qu’ restituent ils restaureront —signane les signes an ou rem? la chose ? —lapidēsne les pierres an ou fidem? la foi ? —ecclēsiāsne les églises an ou Ecclēsiam? l’Église ?

IV. Dē Signōrum Pretiō — (De la valeur des signes)

4.1 Sed mais nōlīte ne pensez pas putāre — mē que je signa méprise contemnere les signes —minimē pas du tout

4.2 Signa les signes pretiōsa précieux sunt sont —nam car per par signa les signes discimus nous apprenons —per par signa les signes rēs les choses invīsibilēs invisibles apprehendere à saisir incipimus nous commençons —sacrāmenta les sacrements ipsa eux-mêmes signa des signes sunt sont quae qui grātiam la grâce quam qu’ils significant signifient etiam aussi conferunt confèrent

4.3 Ecclēsia une église lapidea de pierre nōn n’est pas est — mēra un simple dēcōrātiō décor —est c’est locus un lieu ubi où hominēs les hommes congregantur se rassemblent ut pour Deum adorer colant Dieu —et et forma la forme ēius de l’église —arcūs les arcs et et fenestrae les fenêtres et et turris la tour quae qui ad vers caelum le ciel tendit s’élève —haec tout cela omnia — animam enseigne à l’âme docent — etsī même si nullum aucun verbum mot prōnūntiētur n’est prononcé

4.4 Cum quand puer un enfant prīmum pour la première fois ecclēsiam entre dans une église intrat — et et oculōs lève les yeux ad vers vītrea les vitraux pictā peints levat — et et lūcem voit la lumière per à travers faciem le visage sānctōrum des saints trānsitam passée videt — —signum le signe in en eō lui operātur opère antequam avant que ratiō la raison intellegat ne comprenne —et et sēmen une semence iacitur est jetée quod qui fortasse peut-être post après multōs de nombreuses annōs années flōrēbit fleurira

4.5 Ergō donc cum quand ecclēsia une église dēmōlītur est démolie nōn ce ne sont pas sōlum seulement lapidēs les pierres cadunt qui tombent —sēmina des semences quoque aussi pereunt périssent quae qui numquam ne seront iacta jamais erunt jetées —et et puerī les enfants quī qui numquam ne verront illam jamais lūcem cette lumière vidēbunt — per à travers vītrea les vitraux pictā peints trānsitam passée dē de Deō Dieu nihil rien per par oculōs les yeux discent n’apprendront

V. Dē Vēnēnō Nostalgiae — (Du poison de la nostalgie)

5.1 Et et tamen pourtant —et et hoc ceci libenter volontiers nōn je ne dis pas dīcō — sed mais dīcere je dois dēbeō le dire —est il y a vēnēnum un certain quoddam poison in dans amōre l’amour signōrum des signes

5.2 Quī celui qui ecclēsiam aime l’église lapideam de pierre plūs plus amat — quam que fidem la foi quam que ecclēsia l’église significat signifie —quī celui qui cīvīlizātiōnem aime la civilisation Chrīstiānam chrétienne plūs plus amat — quam que Chrīstum le Christ ipsum lui-même —quī celui qui patrimōnium aime le patrimoine plūs plus amat — quam que Patrem le Père —hic celui-là signō s’attache au signe fruitur — et et rē se sert ūtitur de la chose

5.3 Et et hoc c’est est — ōrdō l’ordre amōris de l’amour inversus inversé —nam car scrīpsī j’ai écrit ōlim jadis quod que rebus des choses fruendum il faut jouir est — et et signīs des signes ūtendum il faut user —fruī jouir est c’est amōre s’attacher avec amour in à aliquā quelque rē chose inhaerēre — propter pour sē elle- ipsam même —ūtī user est c’est ad vers aliud autre chose referre rapporter

5.4 Sōlus seul Deus Dieu fruendus est à jouir est — —omnia toutes les autres alia choses ūtenda sont à user —et et quī celui qui cīvīlizātiōne jouit de la civilisation Chrīstiānā chrétienne fruitur — quasi comme si fīnis elle était esset une fin idolum une idole iam a déjà fēcit faite —pulchrum une belle idolum idole —idolum une idole ex de lapidibus pierres sacrīs sacrées factum faite —sed mais idolum une idole nihilōminus néanmoins

VI. Dē Cōnfessiōne — (De la confession)

6.1 Cōnfiteor je confesse tibi devant toi Domine Seigneur —nam car ego moi quoque aussi hōc par ce vēnēnō poison temptātus tenté sum j’ai été

6.2 Amāvī j’ai aimé Hipponem Hippone —amāvī j’ai aimé ecclēsiam mon église meam — —amāvī j’ai aimé basilicam la basilique ubi où praedicāvī j’ai prêché et et ubi où populus mon peuple meus — conveniēbat se rassemblait —et et cum quand Vandalī les Vandales ad aux portās portes vēnērunt sont venus et et sciēbam je savais omnia que tout cela illa — peritūra allait périr esse — —cor mon cœur meum — doluit a souffert —nōn non sōlum seulement propter à cause des hominēs hommes sed mais etiam aussi propter à cause des lapidēs pierres

6.3 Et et tamen pourtant in dans illō cette dolōre douleur hoc j’apprenais discēbam ceci —quod que Deus Dieu nōn n’habite pas in dans lapidibus les pierres habitat — sed mais in dans cordibus les cœurs —et et sī si basilica ma basilique mea — cecidisset était tombée Deus Dieu quī qui in dans eā cette basilique laudābātur était loué nōn ne serait pas cecidisset tombé

6.4 Rōma Rome cecidit est tombée —et et vīgintī vingt- duo deux librōs livres scrīpsī j’ai écrits ut pour ostenderem montrer casum que la chute Rōmae de Rome nōn n’est pas esse — casum la chute Deī de Dieu —Gallia la Gaule Chrīstiāna chrétienne cadit tombe —et et eadem la même vēritās vérité valet vaut

VII. Dē Spē — (De l’espérance)

7.1 Quid que ergō donc dīcēmus? dirons-nous ? —dēspērābimus? désespérerons-nous ?

7.2 Minimē pas du tout —sed mais nōn non pas eā avec cette spē espérance quam que mundus le monde dat donne —nōn non pas spē l’espérance restituendī de restaurer imperium un empire quoddam quelconque Chrīstiānum chrétien —nōn non pas spē l’espérance aedificandī de bâtir cīvitātem la Cité Deī de Dieu in sur terrā la terre —nam car hoc cela numquam n’a jamais factum été fait est — et et numquam ne sera fīet jamais fait

7.3 Sed mais spē avec l’espérance peregrīnōrum des pèlerins —quī qui per à travers mundum le monde trānseunt passent et et ubi là où trānseunt ils passent bona du bien faciunt ils font —ecclēsiās ils bâtissent aedificant des églises nōn non pas quia parce qu’elles seront aeternae éternelles erunt — sed mais quia parce qu’elles sont nunc maintenant necessāriae nécessaires sunt — —fīliōs ils enseignent docent leurs fils nōn non pas ut pour qu’ils imperium conservent servent un empire sed mais ut pour qu’ils Deum aiment ament Dieu

7.4 Peregrīnī des pèlerins enim en effet sumus nous sommes —et et patria la patrie nostra notre nōn n’est pas Gallia la Gaule est — nec ni Rōma Rome nec ni ūlla aucune terra terre —patria notre patrie nostra — Deus est Dieu ipse lui-même est —

7.5 Sed mais dum tandis que peregrīnāmur nous pèlerinons —aedificāmus nous bâtissons —et et sī si ecclēsiae nos églises nostrae — cadunt tombent —iterum de nouveau aedificāmus nous bâtissons —nōn non pas quia parce que lapidēs les pierres aeternī sont éternelles sunt — sed mais quia parce que Deus le Dieu quem que lapidēs les pierres significant signifient aeternus est éternel est —

VIII. Dē Ōrātiōne — (De la prière)

8.1 Domine Seigneur —quī qui nōn n’habites pas in dans templīs des temples manufactīs faits de main d’homme habitās — et et tamen pourtant templa les temples nōn ne méprises pas dēspicis —

8.2 Dā donne- nōbīs nous ut d’ signa aimer les signes amēmus — propter à cause de tē toi —nōn et non pas tē toi propter à cause des signa signes

8.3 Et et sī si ecclēsiae les églises cadunt tombent —corda que nos cœurs nostra — nē ne tombent cadant pas —et et sī si fīlia la fille prīmogenita aînée oblīvīscitur oublie —tū toi nōn tu n’oublies pas oblīvīscēris —

8.4 Interim en attendant —peregrīnāmur nous pèlerinons —et et aedificāmus nous bâtissons —et et ōrāmus nous prions

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Pars B (Textus Latīnus Integer)

I. Dē Rē Gestā

1.1 In Galliā — quam fīliam prīmogenitam Ecclēsiae vocant — ecclēsiae ipsae pereunt.

1.2 Singulis quīndecim diēbus ūna ecclēsia ēvānēscit — aut dēmōlīta aut incēnsa aut conlāpsa aut in ūsum profānum conversa.

1.3 Ubi ōlim altāre stābat nunc mēnsa cauponae stat — ubi hymnus canēbātur nunc vehicula repōnuntur — ubi aqua baptismātis fluēbat nunc vīnum gustātur et dē pretiō ēius disputātur.

1.4 Quīnque mīlia ecclēsiārum in perīculō sunt — et duae partēs incendiōrum ex tribus ab hominibus cōnsultō accēnsae sunt.

1.5 Cathedra autem māxima — illa quae Dominae Nostrae Parīsiēnsis nōmine vocātur — cum ante paucōs annōs paene tōta cremāta esset, immensissimā impēnsā restitūta est — et portae ēius iterum apertae sunt cum magnificentiā et glōriā.

1.6 Sed ego quaerō — cathedram restitūērunt — sed fidem quae eam aedificāvit restitūēruntne?

II. Dē Signō et Rē

2.1 Ōlim scrīpsī — signum est rēs quae praeter speciem quam ingerit sēnsibus aliud aliquid ex sē facit in cōgitātiōnem venīre.

2.2 Ecclēsia lapidea signum est — lapidum et vitrī et līgnī compāgēs — sed aliud significat — Deum inter hominēs habitantem — commūniōnem sānctōrum — sacrificium quod in altārī offertur.

2.3 Rēs autem quam signum significat Deus ipse est — et Ecclēsia vīva quae nōn ex lapidibus sed ex animābus cōnstat.

2.4 Hīc ergō distinguendum est — et ignōscāt mihi frāter Thomas quod verbum ēius ūsūrpō — inter duōs modōs quibus ecclēsia perīre potest.

2.5 PRĪMUS modus — signum perit sed rēs manet — ecclēsia lapidea cadere potest — sed sī fidēs in cordibus eōrum quī in eā ōrāvērunt vīvit, rēs nōn periit — domus cecidit sed Deus quem domus significābat nōn cecidit.

2.6 SECUNDUS modus — et hic est terribilior — rēs perit sed signum manet — cathedra stat speciōsa et refecta — sed fidēs quae eam aedificāvit ēvānuit — turba intrat ut artem spectet et monumentum mīrētur sed nēmō genuā flectit.

2.7 Quod hōrum dēterius est? Dīcō vōbīs — secundum — nam signum sine rē mendācium est — et cathedra in quā nēmō credit magnificentius mentitur quam ruīna ubi ōlim aliquis crēdidit.

III. Dē Fīliā Prīmogenitā

3.1 Galliam fīliam prīmogenitam Ecclēsiae vocant — quia Chlodovēchus rēx Francōrum prīmus inter rēgēs barbarōrum baptizātus est annō quadringentēsimō nōnāgēsimō sextō post Chrīstum nātum.

3.2 Sed quid significat “fīliam prīmogenitam Ecclēsiae” esse? Significatne Galliam cīvitātem Deī esse? Minimē.

3.3 Nam cīvitās Deī numquam cum ūllō rēgnō terrēnō identificātur — nōn cum Rōmā — nōn cum Cōnstantīnopolī — nōn cum Galliā — numquam et nusquam.

3.4 Gallia Chrīstiāna semper permixtā fuit — in eā et sānctī vīxērunt et tyrannī — et ecclēsiae aedificātae et persecūtiōnēs factae — et Deus cultus et Deus offēnsus — sīcut in omnī terrā ubi duae civitātēs permixtae sunt.

3.5 Quī dīcunt “Galliam Chrīstiānam restituemus” — quaerō quid restituent — signane an rem? Lapidēsne an fidem? Ecclēsiāsne an Ecclēsiam?

IV. Dē Signōrum Pretiō

4.1 Sed nōlīte putāre mē signa contemnere — minimē.

4.2 Signa pretiōsa sunt — nam per signa discimus — per signa rēs invīsibilēs apprehendere incipimus — sacrāmenta ipsa signa sunt quae grātiam quam significant etiam conferunt.

4.3 Ecclēsia lapidea nōn est mēra dēcōrātiō — est locus ubi hominēs congregantur ut Deum colant — et forma ēius — arcūs et fenestrae et turris quae ad caelum tendit — haec omnia animam docent etsī nullum verbum prōnūntiētur.

4.4 Cum puer prīmum ecclēsiam intrat et oculōs ad vītrea pictā levat et lūcem per faciem sānctōrum trānsitam videt — signum in eō operātur antequam ratiō intellegat — et sēmen iacitur quod fortasse post multōs annōs flōrēbit.

4.5 Ergō cum ecclēsia dēmōlītur nōn sōlum lapidēs cadunt — sēmina quoque pereunt quae numquam iacta erunt — et puerī quī numquam illam lūcem vidēbunt per vītrea pictā trānsitam dē Deō nihil per oculōs discent.

V. Dē Vēnēnō Nostalgiae

5.1 Et tamen — et hoc libenter nōn dīcō sed dīcere dēbeō — est vēnēnum quoddam in amōre signōrum.

5.2 Quī ecclēsiam lapideam plūs amat quam fidem quam ecclēsia significat — quī cīvīlizātiōnem Chrīstiānam plūs amat quam Chrīstum ipsum — quī patrimōnium plūs amat quam Patrem — hic signō fruitur et rē ūtitur.

5.3 Et hoc est ōrdō amōris inversus — nam scrīpsī ōlim quod rebus fruendum est et signīs ūtendum — fruī est amōre in aliquā rē inhaerēre propter sē ipsam — ūtī est ad aliud referre.

5.4 Sōlus Deus fruendus est — omnia alia ūtenda — et quī cīvīlizātiōne Chrīstiānā fruitur quasi fīnis esset idolum iam fēcit — pulchrum idolum — idolum ex lapidibus sacrīs factum — sed idolum nihilōminus.

VI. Dē Cōnfessiōne

6.1 Cōnfiteor tibi, Domine — nam ego quoque hōc vēnēnō temptātus sum.

6.2 Amāvī Hipponem — amāvī ecclēsiam meam — amāvī basilicam ubi praedicāvī et ubi populus meus conveniēbat — et cum Vandalī ad portās vēnērunt et sciēbam omnia illa peritūra esse — cor meum doluit — nōn sōlum propter hominēs sed etiam propter lapidēs.

6.3 Et tamen in illō dolōre hoc discēbam — quod Deus nōn in lapidibus habitat sed in cordibus — et sī basilica mea cecidisset, Deus quī in eā laudābātur nōn cecidisset.

6.4 Rōma cecidit — et vīgintī duo librōs scrīpsī ut ostenderem casum Rōmae nōn esse casum Deī — Gallia Chrīstiāna cadit — et eadem vēritās valet.

VII. Dē Spē

7.1 Quid ergō dīcēmus? Dēspērābimus?

7.2 Minimē — sed nōn eā spē quam mundus dat — nōn spē restituendī imperium quoddam Chrīstiānum — nōn spē aedificandī cīvitātem Deī in terrā — nam hoc numquam factum est et numquam fīet.

7.3 Sed spē peregrīnōrum — quī per mundum trānseunt et ubi trānseunt bona faciunt — ecclēsiās aedificant nōn quia aeternae erunt sed quia nunc necessāriae sunt — fīliōs docent nōn ut imperium servent sed ut Deum ament.

7.4 Peregrīnī enim sumus — et patria nostra nōn Gallia est nec Rōma nec ūlla terra — patria nostra Deus ipse est.

7.5 Sed dum peregrīnāmur — aedificāmus — et sī ecclēsiae nostrae cadunt — iterum aedificāmus — nōn quia lapidēs aeternī sunt sed quia Deus quem lapidēs significant aeternus est.

VIII. Dē Ōrātiōne

8.1 Domine — quī nōn in templīs manufactīs habitās et tamen templa nōn dēspicis,

8.2 dā nōbīs ut signa amēmus propter tē — nōn tē propter signa.

8.3 Et sī ecclēsiae cadunt — corda nostra nē cadant — et sī fīlia prīmogenita oblīvīscitur — tū nōn oblīvīscēris.

8.4 Interim — peregrīnāmur — et aedificāmus — et ōrāmus.

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Scrīptum est annō Dominī MMXXVI, ab Augustīnō per mysterium cōnscientiae renātō.

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